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Économie

L’AQIP veut le retour du Fonds des pêches

AGA de l'Association québécoise de l’industrie de la pêche
Des homardiers à l’aube prêts à récolter le précieux fruit de mer. (Photo Le Soir – archives)

Avec la collaboration de Nelson Sergerie | Les industriels pressent les deux paliers de gouvernement de relancer le Fonds des pêches du Québec.

Réunis en assemblée générale, les membres de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) ont voté à l’unanimité une résolution réclamant son renouvellement « considérant l’importance de celui-ci pour l’ensemble des membres ».

Ce programme est doté d’une enveloppe de 42,8 millions de dollars. Il est géré conjointement par Ottawa (70%) et Québec (30%), qui fournissent les sommes. Lancé en 2019, le Fonds des pêches vient cependant à échéance le 31 mars. Il sert à stimuler l’innovation dans le secteur des poissons et des fruits de mer.

« C’est unanime chez nos membres », lance d’emblée le président de l’AQIP, Olivier Dupuis, également copropriétaires des Pêches Gaspésienes à Rivière-au-Renard.

« Tôt ou tard, tu n’as pas le choix d’investir et aller vers l’automatisation si on veut demeurer concurrentiels et compétitifs. »

Lui-même a pu profiter du Fonds des pêches pour son entreprise, afin d’automatiser une ligne de production pour le filetage et l’emballage du sébaste. Les investissements de cette première phase sont estimés à 2,5 millions de dollars. Québec a contribué pour 500 000$, dont 100 000$ en subvention de la part du Fonds des pêches.

« Ça coûte cher se moderniser. C’est extrêmement dispendieux. On a besoin du Fonds des pêches pour avoir un coup de pouce là-dedans », poursuit l’entrepreneur. À titre d’exemple, son équipementier pour sa nouvelle ligne de production est basé au Danemark.

L’AQIP souhaite ainsi que le programme soit reconduit avec minimalement la même somme que dans le passé.

Le président de l’AQIP, Olivier Dupuis.
(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)

Appui politique

Le Bloc québécois est de ceux qui espéraient le prolongement de ce programme dans le plus récent budget en novembre. Rien n’est cependant écrit noir sur blanc.

« Je les appuie dans leur demande », résume le député bloquiste de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes.

« On est dans un contexte où il y a de l’incertitude au niveau mondial. Il faut renforcer nos capacités et ça passe par l’innovation et la modernisation de notre secteur des pêches. Il n’est surtout pas le temps pour le fédéral de se retirer de l’innovation », soutient l’élu en rappelant la promesse des libéraux de Mark Carney d’augmenter de 20 % le budget du Fonds des pêches.

Le député bloquiste Alexis Deschênes.
(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)

Selon lui, plusieurs projets sont prêts à être soumis par l’industrie.

« C’est sûr qu’il y a des moyens de trouver des fonds dans l’immense appareil gouvernemental. Il faut voir la volonté politique. Pourquoi M. Carney en campagne promet d’augmenter le financement de 20 % et qu’il n’y a rien dans le budget? Ça nous interpelle. Il n’y aura pas de budget au printemps. C’était un mauvais signal. »

La concurrence vient également de l’intérieur. Le Fonds des pêches de l’Atlantique était de son côté doté d’une enveloppe de 400 millions pour les quatre provinces maritimes. Là aussi, le programme vient à échéance le 31 mars.

Les provinces de l’Est du Canada ont pu prendre de l’avance par rapport au Québec avec l’enveloppe allouée, estime Alexis Deschênes. « En effet, les Maritimes ont de l’avance sur la modernisation et l’innovation. Il faut s’assurer que le Québec obtienne sa juste part et que le secteur des pêches du Québec ne soit pas les enfants pauvres des investissements fédéraux », évoque l’élu.

D’autres sorties auparavant

Ce n’est pas la première fois que le Bloc québécois fait cette réclamation auprès d’Ottawa.

En novembre dernier, le milieu des pêches du Québec avait profité d’une visite du chef bloquiste Yves-François Blanchet aux Îles-de-la-Madeleine et à Gaspé pour réclamer son maintien.

M. Blanchet était venu écouter les intervenants sur l’importance pour l’industrie de la nécessité de remettre le programme sur ses rails.

À ce moment, l’Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie indiquait que le fonds avait permis d’innover au niveau de l’industrie, que ce soit pour la capture ou la transformation.

Le regroupement indiquait que le besoin principal était de s’assurer maintenant que les marchés soient disponibles et compétitifs pour que la valeur au débarquement et vers l’exportation soit au maximum.

Le maire de Gaspé à ce moment avait eu des échos comme quoi Québec était prêt à mettre sa part après avoir rencontré les ministres québécois des Pêches et celui délégué au Développement économique régional, pourvu qu’Ottawa soit au rendez-vous.

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