Gespeg espère bientôt avoir sa réserve
Potentiellement une première en 50 ans
La Nation Micmac de Gespeg estime n’avoir jamais été aussi près du but d’obtenir sa réserve économique, après 50 ans de démarches.
La cheffe, Céline Cassivi, a discuté avec la ministre de Services aux Autochtones Canada, Mandy Gull-Masty, lors de son passage à Gaspé le 11 novembre.
« Les étapes n’ont jamais été aussi loin qu’elles le sont aujourd’hui. Notre dossier est en révision à Ottawa. La ministre n’a pas voulu se prononcer. Toutes les étapes qu’on avait à faire le sont. On espérait une réponse en 2025, car il y a 50 ans qu’il n’y a pas eu de réserve donnée au Québec. Ce serait une belle année pour faire une annonce. »

(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)
De longue haleine
Reconnue depuis 1972, la Nation Micmac de Gespeg avait en premier lieu subi un refus au milieu des années 1970. Après d’autres démarches dans les années 1990, le processus a repris en 2020. Une nouvelle demande en bonne et due forme a ainsi été déposée en 2024.
« C’est un dossier prioritaire pour Gespeg. C’est le temps d’avoir notre statut de réserve économique pour se développer encore plus et donner des emplois à nos membres », analyse Céline Cassivi.
Pour la Nation, cette reconnaissance permettrait d’obtenir davantage de soutien d’Ottawa, ajoute-t-elle. « On a accès à sept programmes et on aurait le droit à beaucoup plus; 26 programmes je crois. Ce serait plus de financement et plus de services pour nos membres. »
Rappelons que trois lots sont visés par la requête de Gespeg dans le secteur environnant le centre administratif, à Saint-Majorique. La Ville de Gaspé avait déjà donné son appui qui s’inscrit en continuité de la collaboration établie depuis 2017 entre les deux conseils. La MRC de La Côte-de-Gaspé a par ailleurs fait suivre un avis favorable à Ottawa.
Le provincial en appui
Lors de son passage à Gaspé en août, le ministre québécois responsable des Relations avec les Premières Nations, Ian Lafrenière, indiquait en outre être partenaire avec Gespeg et travailler avec Ottawa pour sa concrétisation.
Gespeg vise le développement socioéconomique, notamment la construction d’une infrastructure à vocation sociale. La Nation espère aussi varier son développement économique. De recevoir la ministre fédérale représente pour elle un moment historique.
« Je ne peux même pas vous dire la date où un ministre fédéral est passé à Gespeg. On n’a pas manqué l’occasion de lui faire visiter nos bureaux. Ce fut un honneur pour nous de la recevoir », précise Céline Cassivi.
Celle-ci rappelle que Gespeg est toujours oublié par les ministres qui ont plutôt l’habitude de s’arrêter à Listuguj ou Gesgapegiag, qui eux ont des réserves.
« Gespeg prend maintenant sa place. C’est ma vision. Je veux l’instaurer pour Gespeg. Je veux être plus visible et prendre la place qu’on n’a pas toujours pris », conclut la cheffe.

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