Quel legs pour Legault en région?
Démission de François Legault
Qu’est-ce que l’histoire retiendra des années de François Legault au pouvoir, notamment en ce qui concerne les régions dont il se présentait comme un ardent défenseur ? On a posé la question à Gaétan Lelièvre, ex-député de Gaspé sous le Parti québécois et surtout lui-même ancien ministre délégué aux Régions.
D’aussi loin qu’on se rappelle, Gaétan Lelièvre a été un régionaliste et il n’hésite pas à envoyer autant les fleurs que le pot dans ses analyses. Il était donc de mise de lui demander ce qu’il retient du legs de François Legault pour les régions.
« Le bilan n’est pas très reluisant, lance-t-il de but en blanc. On se rappelle d’abord de la façon dont il critiquait l’éolien et le dossier de la cimenterie à l’époque. Je pense aussi au Fonds d’aide aux initiatives régionales qui est passé de 6 à 8 millions à environ 2,5 millions par année pour la Gaspésie. Ça faisait une grande différence pour des communautés comme les nôtres. »
L’ex-député déplore aussi la centralisation de plusieurs directions régionales qui ont enlevé des emplois et du poids décisionnel en Gaspésie. Il va plus loin en parlant de l’agence Santé Québec qui se veut une structure encore plus centralisée que les CISSS, créés par les libéraux. « Quand on dit qu’on est un gouvernement des régions et qu’on agit de la sorte, c’est surprenant. Ça démontre une grande méconnaissance ou une indifférence de nos réalités. »
Sur une note plus positive, Gaétan Lelivère admet que le gouvernement de la CAQ a investi des sommes substantielles en santé, en éducation et dans la culture. « Toutefois, l’explosion des coûts de construction et des services professionnels a eu la conséquence que ces investissements se sont avérés insuffisants. «

(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)
Une volonté d’agir
Gaétan Lelièvre reste convaincu que le premier ministre avait assurément une volonté d’aider les régions, mais il n’était pas le seul à prendre les décisions. « Il incombe une grande responsabilité aux ministres qui ont aussi mené des dossiers parce qu’on sait qu’un premier ministre ne se mêle pas systématiquement de tous les dossiers de chaque ministère », analyse-t-il.
L’ex-politicien termine en saluant l’implication de François Legault, qui n’a pas eu un chemin facile, notamment lors de la pandémie. « Je retiens qu’il a implanté un modèle pour accélérer la réalisation de certains projets, mais sur le plan des régions, je ne crois pas que c’est un gouvernement qui va passer à l’histoire », conclut-il.
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