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Un aréna qui peine à glacer

Partie senior interrompue le 27 décembre
Plus aucune partie senior ne sera disputée à Gaspé jusqu’à nouvel ordre. (Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)

En collaboration avec Jean-Philippe Thibault | La fin abrupte d’un match de hockey senior le 27 décembre entre les Corsaires de Forillon et les Vikings du Rocher en raison de la qualité de la glace à l’aréna de Gaspé ramène à l’avant-plan la nécessité de doter la capitale de la Gaspésie d’une infrastructure moderne.

La partie a dû être interrompue après les deux premières périodes. Joueurs et spectateurs ont été renvoyés à la maison avant la fin des hostilités. Les Corsaires ont indiqué par communiqué dimanche soir qu’ils ne disputeront plus aucun match à l’aréna de Gaspé « ni pour les séries à venir, ni pour les prochaines années, à moins d’être en dernier recours ». Les parties locales se jouent habituellement à Rivière-au-Renard.

Le 27 décembre, la glace s’est liquéfiée à deux endroits à la fin de la deuxième période lors de la partie, ce qui a mis fin au match.

« À court terme, l’aréna est fonctionnel, mais la qualité de la glace est médiocre. C’est un bris inhabituel, que nos équipes ne connaissent pas. Ils doivent faire venir des spécialistes pour investiguer davantage, trouver le problème et les pistes de solution, si une telle solution existe. Et surtout à quel prix », explique le maire Daniel Côté.

Lundi, une entreprise spécialisée en réfrigération était sur place lors du passage du Soir, mais le problème n’avait pas encore été identifié au moment d’écrire ces lignes.

L’aréna de Gaspé a été construit en 1968.
(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)

Pour un nouvel aréna

Ce problème ponctuel ne devrait pas avoir d’incidence sur les autres fins de semaine d’activités à l’aréna de Gaspé, espère le maire. « C’est médiocre, mais fonctionnel. Pour du senior, ça ne peut pas marcher, mais pour un tournoi mineur, ça devrait probablement fonctionner, peut-être en espaçant les parties pour donner une chance aux compresseurs. Mais on est vraiment dans le peut-être … »

La véritable solution demeure un nouvel aréna, selon l’élu, qui plaide en sa faveur depuis plusieurs années déjà. Le premier projet de complexe multisports a été jugé trop ambitieux, alors que la seconde mouture d’aréna seulement a récolté un excellent pointage dans les grilles d’analyse de Québec, mais n’a tout de même pas été retenu.

« Ça fait des années qu’on le connait le problème, ça fait des années qu’on est en mode solution et ça fait des années qu’on se fait dire non pour du financement gouvernemental. Il est absolument nécessaire que les incidents qu’on a connus durant le temps des Fêtes se transforment en appui public par les organisations qui vivent les problèmes. Le gouvernement doit considérer la situation actuelle comme une obligation de sa part de répondre présent », lance Daniel Côté.

Gaspé est d’ailleurs prêt à déposer son dossier lors du prochain appel de projets pour les infrastructures de sports et de loisirs en février.

Au budget 2026 déposé en décembre, la Ville a indiqué une somme de 34 millions de dollars dans son plan triennal d’immobilisation pour le volet aréna. Ce chiffre s’appuie notamment sur le nouvel aréna construit au coût de 30 millions à Caraquet. Ou le projet de deux glaces à Sept-Îles, avec une facture de 78 millions $.

Pas faire du neuf avec du vieux

Des critiques se lèvent et demandent plutôt une rénovation de l’aréna actuel. Celui-ci a été construit en 1968.

« On n’est pas dans une dictature. Mais nous, on a étudié la question et on reçoit un appui massif de la population. Il y a des gens qui ont de la mauvaise information qui pensent qu’on est encore dans le complexe multisportif soumis en 2020. On n’est plus dans ce modèle-là », réplique Daniel Côté.

Il reste que, selon lui, il faut un aréna pour offrir les sports de base qui ont toujours fait vibrer la région. « L’aréna tient par un petit bout de fil blanc qui est en train de péter au complet. Est-ce qu’une ville comme Gaspé peut vivre sans un aréna ? La réponse est non », rajoute-t-il catégoriquement.

Si les experts concluent que le système de réfrigération est difficilement ou pas réparable, une importante décision devra être prise. « S’il y a des travaux qui coûtent 10 ou 15 millions, oui, on ferme l’aréna. Je veux être clair », lance le maire.

Une optimisation des activités devrait donc se faire avec Rivière-au-Renard dans un tel scénario. Le maire juge impossible de fonctionner avec un seul aréna. Il ne veut en outre pas se prononcer sur un prix plafond à investir pour prolonger la durée de vie de l’aréna actuel.

« J’espère qu’il sera récupérable. On n’a pas de montant spécifique en tête. On a le facteur temps et on sait qu’il y a des chances qu’on se fasse dire oui cette fois-ci; qu’on puisse aller de l’avant rapidement auquel cas un montant à mettre pour une réparation temporaire sera plus faible. Tout dépend de la période temporelle. Il y aura un calcul à faire », conclut l’élu.

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