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Gespeg et anglos contre la Constitution

Projet de loi 1
Le projet de loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec a été déposé en octobre. (Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)

La communauté anglophone de Gaspé et la Nation Micmac de Gespeg dénoncent que le projet de Constitution du Québec ne les inclut pas.

La communauté d’expression anglaise et les Premières Nations ne sont mentionnées que dans le libellé du document soumis par le gouvernement caquiste.

Le 9 décembre, la directrice exécutive de Vision Gaspe-Perce Now, Jessica Synnott, s’est rendue à Québec afin de partager d’importantes préoccupations concernant le projet de loi 1. Elle souligne les répercussions potentielles qui pourraient avoir lieu sur les communautés anglophones en situation minoritaire à travers le Québec, dont celle de la Gaspésie.

« On ne se voit pas là. On voit la langue française, la culture commune du Québec, mais la communauté anglophone ne se voit pas, ni les Autochtones », résume Jessica Synnott.

« Moi, comme anglophone, quand je regarde ce document, j’ai l’impression que tout le focus est mis sur la culture, l’histoire des francophones, mais moi, je me sens Québécoise, mais je n’ai pas nécessairement la même culture, la même valeur qu’un francophone », explique-t-elle.

Elle craint que la culture et le patrimoine anglophone de la Gaspésie se perdent dans ce projet s’il est adopté tel quel.

« Je suis assez satisfaite du message que j’ai passé. Je n’ai pas senti de résistance de la part des parlementaires. Malgré tout, on a l’impression que la mention au début du document n’est que pour se donner bonne conscience. »

Des craintes pour le financement

Les organismes anglophones en situation minoritaire reçoivent du financement direct du gouvernement fédéral pour leur fonctionnement. Un des éléments de la future Constitution inquiète Vision Gaspe-Perce Now.

« Ça nous donne beaucoup de crainte pour le futur du financement fédéral, car une grosse partie de notre financement vient d’Ottawa. Si ça va tout à la province, on craint que la communauté anglophone aille au fond de la liste », estime-t-elle.

« On a quand même fait des suggestions pour que la communauté anglophone soit plus présente dans la loi si jamais le projet de constitution est adopté », ajoute la directrice.

La cheffe de Gespeg, Céline Cassivi.
(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)

Gespeg a des craintes aussi

La Nation Micmac de Gespeg exprime aussi des inquiétudes sur le projet de loi 1 présenté par la CAQ. « Premièrement, les Premières Nations n’ont pas été consultées, note d’emblée la cheffe Céline Cassivi. En préambule, on les nomme, mais nulle part dans le document on ne fait référence à nos droits. »

Certains membres de Gespeg, qui sont anglophones de surcroît, craignent pour la suite des choses. « Les gens se préoccupent de leurs droits et de leur culture. On se demande si nos membres seront affectés dans leurs droits de recevoir des services », poursuit l’élue.

« Il y a quelques semaines, à l’assemblée des chefs, on a rencontré le ministre [de la Justice] Simon Jolin-Barrette. Il a tenté de nous rassurer en disant qu’il nous avait nommés. Clairement, pour nous, ce n’est pas assez. On va voir en tant que chefs de Premières Nations ce qu’on fera dans le futur pour se faire entendre. »

Les chefs restent donc attentifs pour la suite des choses et s’assureront que les Premières Nations soient respectées. Gespeg n’a par ailleurs pas l’intention de déposer un mémoire ou d’intervenir autrement. « D’être avec tous les autres chefs des Premières Nations, notre message sera plus fort », conclut la cheffe Cassivi.

Plus tôt, l’ex-députée Gaétan Lelièvre s’était de son côté inquiété de la place des régions dans la Constitution du Québec.

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