Famille et politique : dure conciliation

Les élections municipales se tiendront dans un peu plus de trois mois. Qui sera sur les blocs de départ? Difficile à dire, bien que plusieurs citoyens ont déjà fait par de leurs intentions. Chose certaine, la vie d’élu n’est pas toujours facile. Près de 1100 d’entre eux avaient jeté la serviette du monde municipal depuis l’élection de 2021, selon un décompte fait en débat d’année. Survol.
Jean-François Fortin baigne dans la politique depuis fort longtemps. Ex-député fédéral de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia et enseignant dans ce domaine au Cégep de Rimouski, celui qui est également maire de Sainte-Flavie sait tout ce qu’implique de se lancer en politique active.
« Il y a une réalité qui existe à l’effet que les candidats potentiels doivent considérer sérieusement s’ils sont prêts à se lancer dans une aventure qui implique une très grosse charge de travail. Ça peut paraître attrayant de vouloir changer les choses dans sa ville, mais il y a une complexité accrue et beaucoup plus de tâches qui incombent au milieu municipal. On pense autant à la règlementation qu’aux finances. »
Il mentionne aussi les attentes des citoyens, devenues très élevées.
« Les gens croient parfois que les municipalités ont tous les leviers pour faire bouger les choses alors que ce n’est pas le cas. Les villes ont des obligations à remplir et certaines choses ne sont tout simplement pas de notre ressort. Le meilleur exemple qui me vient en tête est la gestion des routes. Si les petites rues sont sous notre responsabilité, les grandes artères comme la route 132 sont dans la cour du gouvernement provincial. »

(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)
Rémunération à revoir
Pour Jean-François Fortin, l’ampleur de la tâche d’un élu municipal n’est souvent pas à la hauteur du salaire qui l’accompagne. En 2023, le maire de Cloridorme touchait un peu plus de 18 000$. Un conseiller à Grande-Rivière, environ 14 000$ et à Chandler, 23 500$.
« Pour les petites et moyennes villes, la compensation financière n’équivaut pas du tout la charge de travail qui augmente sans cesse. Ce n’est donc pas très attrayant pour un futur candidat, surtout pour quelqu’un qui occupe déjà un emploi. La politique municipale implique que l’élu devra souvent faire des heures pratiquement bénévoles. Il devra sacrifier des heures rémunérées à son autre emploi. »
La politique municipale implique ainsi une grande disponibilité qui n’est pas facilement conciliable avec la vie de famille.
« Et l’exposition des élus à la critique, parfois virulente, n’est pas à négliger non plus. Il y a des gens qui ne sont pas à l’aise avec les critiques parce que celles-ci deviennent parfois des attaques. Et souvent, des personnes vont s’en prendre à un élu sans avoir toute l’information pertinente sur un dossier ou un enjeu précis. »
Changer les choses
Sur une note plus positive, Jean-François Fortin croit que le milieu municipal offre beaucoup plus de leviers pour changer des choses qui touchent les citoyens dans leur quotidien et qui sont visibles sur le terrain. Contrairement aux niveaux plus élevés du provincial et du fédéral.
« On aimerait voir plus de jeunes, plus de femmes, mais il faut mieux les renseigner sur ce qui les attend. Ça peut être très valorisant d’apporter quelque chose de positif à sa municipalité, mais il faut être capable d’aller chercher cette valorisation ailleurs que sur les réseaux sociaux. »
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